Jason Henry Nouvel entraîneur : « Redonner une belle image du SO Châtellerault »
Ancien joueur du SO Châtellerault entre 2014 et 2016, Jason Henry effectue son retour à la Montée Rouge, cette fois sur le banc de l’équipe première. À 37 ans, le technicien revient dans un club qu’il connaît bien avec l’ambition de reconstruire un groupe compétitif et de redonner une dynamique positive au SOC.
🎤 Interview – Jason HENRY ; Nouvel Entraîneur
Pouvez-vous vous présenter et revenir sur votre parcours dans le football ?
Je m’appelle Jason Henry, j’ai 37 ans. J’ai été formé à Montpellier de l’âge de 13 ans jusqu’à mes 20 ans. J’y ai effectué toute ma formation et j’ai même connu deux années comme stagiaire professionnel. Malheureusement, je n’ai pas signé professionnel par la suite et je suis donc parti dans le monde amateur.
J’ai ensuite connu plusieurs expériences dans différents clubs. Je suis passé notamment par Montceau-les-Mines en National 2, Romorantin en National 2, le FC Nantes en National 3 avant de revenir à Romorantin pendant deux saisons en National 2.
Je suis ensuite arrivé au SO Châtellerault où j’ai évolué pendant deux saisons, entre 2014 et 2016, en National 3. J’y ai partagé le vestiaire avec des joueurs comme Antoine Demazeau, Kévin ou encore Alex Chaffard. Ce sont des années dont je garde d’excellents souvenirs.
Après Châtellerault, je suis retourné une saison dans le sud, près de Montpellier, toujours en National 2. J’ai ensuite connu une courte expérience de trois mois en Suisse avant de rejoindre Saint-Nazaire en National 3.
Enfin, je suis arrivé au Stade Poitevin en 2021. J’y ai terminé ma carrière de joueur après quatre saisons, jusqu’en juillet 2024. Dès l’arrêt de ma carrière, j’ai enchaîné avec ma première expérience d’entraîneur au Racing Club Parthenay Viennay.
Comment s’est déroulée votre première expérience sur un banc ?
J’ai enchaîné directement après ma carrière de joueur avec une première expérience d’entraîneur au Racing Club Parthenay Viennay.
La première saison s’est très bien passée puisque nous avons obtenu la montée de Régional 2 en Régional 1 avec un bilan de 14 victoires et 8 matchs nuls.
Cette saison a été plus compliquée, ce qui est assez logique lorsqu’on découvre un niveau supérieur. Nous terminons à la 11e place et nous sommes actuellement dans l’attente du repêchage. Malgré cela, cela reste une expérience très enrichissante qui m’a permis d’apprendre beaucoup sur le métier.
Qu’est-ce qui vous a convaincu de rejoindre le SO Châtellerault ?
Pour moi, c’est avant tout un choix du cœur. J’ai gardé énormément de bons souvenirs de mon passage à Châtellerault. Quand j’ai commencé à entraîner, j’avais toujours dans un coin de ma tête l’idée qu’un jour, peut-être, je pourrais revenir au club.
Je ne suis pas quelqu’un qui appelle les clubs pour se vendre. Je n’ai jamais contacté Mounir pour lui dire que j’étais disponible ou intéressé. Mais lorsqu’il m’a appelé, j’ai tout de suite été à l’écoute.
Si le club estimait que mon profil pouvait correspondre au projet, ma réponse était déjà pratiquement connue d’avance. Revenir ici avait forcément une saveur particulière.
Le club traverse actuellement une période délicate. Pourquoi avoir accepté ce défi ?
Déjà parce que le niveau correspond au diplôme que je possède actuellement. La Régional 1 représente aujourd’hui le plus haut niveau auquel je peux entraîner.
Ensuite, parce que rejoindre le SO Châtellerault constitue une étape importante dans mon parcours. C’est un club avec une histoire, un stade, des supporters et une identité forte.
Concernant les difficultés du club, je ne vais pas prétendre gérer des sujets qui ne sont pas les miens. Mon rôle est de m’occuper du sportif. Les questions administratives, financières ou structurelles relèvent du président et du directeur sportif.
Moi, mon travail consiste à construire la meilleure équipe possible et à obtenir les meilleurs résultats possibles.
Que nous soyons en Régional 1 ou en Régional 2, mon engagement est exactement le même. Je l’avais d’ailleurs dit à Mounir au moment des différentes incertitudes : même en cas de rétrogradation, je serais présent pour participer à la reconstruction.
Si nous évoluons en R2, l’objectif sera de reconstruire et de retrouver la R1. Si nous sommes maintenus en R1, il faudra assurer le maintien tout en préparant l’avenir.
Quelle est votre vision du football et votre rôle d’entraîneur ?
J’entraîne comme j’aurais aimé être entraîné lorsque j’étais joueur.
Je suis quelqu’un de très positif. Je ne vais jamais reprocher à un joueur une passe ratée, un contrôle manqué ou une occasion vendangée. Nous sommes en football amateur et il est normal que tout ne soit pas parfait. Si nous étions capables de tout réussir, nous serions professionnels.
En revanche, il y a une chose sur laquelle je suis très exigeant : l’investissement. Lorsque j’étais joueur, je donnais toujours tout sur le terrain. J’attends la même chose de mes équipes. Elles ont souvent tendance à me ressembler : elles se battent jusqu’au bout et ne lâchent jamais rien.
Lors des deux dernières saisons, nous avons réussi plusieurs remontées au score parce que les joueurs continuaient d’y croire jusqu’au bout. C’est cet état d’esprit que je veux transmettre ici.
Je veux également que les joueurs prennent du plaisir à venir s’entraîner. Pour moi, un groupe doit être uni. J’aime l’idée d’une bande de copains prête à se battre les uns pour les autres lorsque le match commence.
Sur le plan du jeu, j’aime les équipes qui jouent au football. Je ne suis pas un entraîneur qui demande de balancer les ballons devant ou d’attendre derrière. Bien sûr, il faut savoir s’adapter à certaines situations, mais ma philosophie reste tournée vers le jeu et l’attaque.
D’ailleurs, cette saison, nous avons terminé avec la troisième meilleure attaque du championnat mais également l’une des moins bonnes défenses. Cela résume assez bien ma vision du football : je préfère gagner 4-3 que gagner 1-0.
Quels seront les objectifs de cette première saison ?
Les objectifs dépendront évidemment du niveau auquel nous évoluerons.
Si nous sommes en Régional 1, l’objectif sera clairement d’assurer le maintien. Si nous sommes en Régional 2, il faudra viser les premières places et jouer la montée.
Mais au-delà du classement, le premier chantier sera de reconstruire un groupe. Beaucoup de joueurs vont partir et ceux qui restent sortent d’une saison difficile avec une relégation sportive. Il faudra leur redonner confiance et leur permettre de repartir sur de bonnes bases.
Je souhaite également recréer une cohésion globale autour de l’équipe première et plus largement du club. Nous devons retrouver une identité forte.
L’idée est de construire un effectif composé d’un maximum de joueurs du secteur, de joueurs qui connaissent le club, qui connaissent la région ou qui partagent déjà une histoire commune. Bien sûr, il sera impossible de recruter uniquement localement, mais cette identité territoriale est importante pour moi.
Quelle place souhaitez-vous accorder aux jeunes du club ?
Pour moi, l’âge n’a jamais été un critère.
Si un joueur de 18 ans mérite de jouer, il jouera. S’il ne mérite pas encore de jouer, il devra continuer à travailler. Je raisonne uniquement en fonction du niveau et de l’investissement.
Lorsque j’étais joueur à Châtellerault, il y avait déjà de jeunes joueurs qui avaient leur place en équipe première et cela paraissait naturel.
Aujourd’hui, avec les nombreux départs annoncés et les contraintes liées au recrutement, il est probable que certains jeunes aient des opportunités plus rapidement. Ce sera à eux de les saisir.
Je compte également suivre davantage les équipes de jeunes afin d’apprendre à connaître les joueurs du club. Lorsque j’étais à Parthenay, c’était plus compliqué en raison de l’éloignement, mais désormais je suis à proximité et je souhaite m’investir davantage dans cet aspect.
Quand je suis passé à Châtellerault il y a une dizaine d’années, le club était reconnu pour sa formation. Les équipes de jeunes évoluaient au meilleur niveau régional et cela alimentait naturellement les équipes seniors. Il faut retrouver cette dynamique.
Comment envisagez-vous votre collaboration avec Mounir El Haimour ?
Nous nous connaissions déjà lorsque j’étais joueur au club, mais nous n’avions jamais vraiment eu l’occasion de travailler ensemble.
Aujourd’hui, nous échangeons pratiquement tous les jours. Nous avons rapidement constaté que nous partagions la même vision du football et du projet que nous souhaitons mettre en place.
Lorsque nous avons commencé à discuter de la construction de l’effectif, nous nous sommes rendu compte que nous avions très souvent les mêmes idées et les mêmes profils de joueurs en tête.
De mon côté, je lui ai présenté ma façon de travailler et il y a tout de suite adhéré. De son côté, j’ai adhéré à sa vision du club et à ce qu’il souhaite construire.
Je pense sincèrement que notre collaboration va très bien fonctionner.
Dans deux ou trois ans, qu’est-ce qui vous ferait considérer votre passage au SO Châtellerault comme une réussite ?
Déjà, si je suis encore là dans trois ans, ce sera probablement un premier signe positif. Aujourd’hui, dans le football, les entraîneurs restent rarement longtemps dans un même club. Lorsqu’un entraîneur effectue plusieurs saisons, cela signifie généralement que son travail est reconnu et apprécié.
Sportivement, j’aimerais que l’équipe première évolue durablement à un bon niveau régional. Je ne vais pas parler aujourd’hui de montée ou d’objectifs trop lointains car nous ne savons même pas encore dans quelle division nous évoluerons.
J’aimerais également que l’équipe réserve retrouve au minimum le niveau Régional 3. C’est important pour la progression du club et pour permettre aux jeunes joueurs de poursuivre leur développement.
Mais au final, ce qui me rendrait le plus fier serait de voir le club retrouver une image positive auprès des supporters et des personnes qui se sont éloignées du SOC ces dernières années.
Pour moi, c’est probablement le chantier le plus important.
Quel message souhaitez-vous adresser aux supporters, licenciés, bénévoles et partenaires du club ?
À ceux qui me connaissent déjà, j’espère qu’ils gardent un bon souvenir de mon passage au club et qu’ils sont heureux de me voir revenir.
À ceux qui ne me connaissent pas encore, je vais tout faire pour qu’ils aient une bonne image de moi lorsque mon aventure au SO Châtellerault prendra fin.
Je sais que certaines personnes ont été déçues ces dernières années et que certains restent marqués par le passé. Je peux le comprendre. Mais aujourd’hui, un nouveau projet démarre et il faut réussir à regarder vers l’avenir.
Il faudra être patients. Rien ne se construira en quelques semaines. Nous allons tout faire pour redonner une belle image au SO Châtellerault et permettre à chacun d’être fier de son club.
🗣 Mot du coprésident — Hicham Dhamoume :
« Nous sommes très heureux d’accueillir Jason Henry à la tête de notre équipe première. Son retour s’inscrit pleinement dans la volonté du club de s’appuyer sur des personnes qui connaissent l’histoire et les valeurs du SO Châtellerault. Nous avons confiance en ses qualités humaines et sportives pour accompagner le projet de reconstruction que nous souhaitons mener. Nous lui souhaitons la bienvenue et pleine réussite dans ses nouvelles fonctions. »
🗣 Mot du Directeur sportif — Mounir El Haimour :
« Jason correspond parfaitement au profil que nous recherchions. Au-delà de ses compétences footballistiques, c’est avant tout une personne reconnue et respectée dans le milieu du football. Son investissement, sa préparation et son envie de rejoindre le projet ont rapidement fait la différence. Dès nos premiers échanges, nous avons partagé la même vision du club et de son avenir. »
Propos recueillis par Alexandre AGNESE – SO Châtellerault
© SO Châtellerault



























